COSTUMES D'ALSACE
Par Célia Housset
Depuis l'année 2014/2015 j'ai eu la chance d'entreprendre une troisième année de licence d'ethnologie. N'étant pas satisfaite par seulement ce que m'a apporté les beaux arts je souhaitais acquérir un certain recul lors de mes observation et une capacité un peu plus aigüe d'analyse quand je parle d'un sujet. (Bon, clairement ma capacité d'écriture et d'analyse sont très basses, mais c'est vraiment pour l'améliorer que j'ai fait cette année...)
En ethnologie mes camarades travaillent beaucoup pour l'université (les contrôles, les rendus, les exposés...), mais il est difficile au final d'apercevoir le gros de ce que chacun fait, mis à part lors des exposés oraux.
C'est quelque chose qui m'a marqué car en arts, le moindre croquis est publié, montré car il fait partie d'un processus de création, c'est une façon pour les étudiants de montrer où ils se situent, ce qu'ils recherchent et ce qui a formé leur oeil et leur patte. En école d'art, lorsque tu aime le travail de quelqu'un, tu le lui montre en achetant son livre, sa gravure ou sa sérigraphie alors qu'en université ce geste là n'existe pas (Pourtant j'ai tenté de leur acheter leur mémoire à mes potes, mais chez eux, son travail on le donne!)
Me situant un peu entre les deux, j'ai trouvé qu'il serait intéressant de publier mes travaux de recherches universitaires d'ethnologie, comme s'ils étaient un carnet de croquis qui constituent mon parcours, mes intérêts et peut être permettre à certains d'en apprendre plus sur des thèmes qui les intéressent!
Ce dossier fait partie d'une recherche faite avec le Musée Alsacien de Strasbourg (que je vous conseille d'aller visiter un jour, il y a de belles choses!)
Dans cet exposé les
costumes de fête alsaciens seront divisés en deux parties :
Premièrement le costume alsacien « habillé » lors des
célébrations telles que les mariages ou la communion d’un enfant,
tandis que la seconde portera sur le costume en tant que déguisement.
Deux façons d’aborder le vêtement, le costume, pour arriver à la
célébration du passage d’un état à un autre (vie et mort,
changement de statut, changement de saison, etc…)
Costumes de
fêtes alsaciens
Les costumes de fêtes se
différentiaient principalement des vêtements de tous les jours par
la qualité des étoffes et des broderies, ainsi que la quantité de
détails que l’on pouvait trouver sur les pièces. Ces qualités
variaient non seulement par rapport aux occasions où on les portait (ex: enterrements, baptême) mais également par les richesses et les
origines sociales de leur porteur.
Le costume le plus
important, celui qu’ils emmenaient dans leur tombe était leur
costume de mariage. Celui ci se distinguait des autres costumes par
des pièces ornant la tête de la mariée, des demoiselles ainsi que
des garçons d’honneur.
Le
mariage
Au XVIe siècle la mariée
de village chrétien était très parée et une large couronne pleine
de clinquants était posée sur sa tête (Ces couronnes étaient
particulièrement grandes à Strasbourg et dans le Kochersber). Des
rubans étaient offerts par les demoiselles d’honneur à la mariée, et ceux-çi étaient maintenus aux épaules. Le marié, lui,
fleurissait son chapeau d’un bouquet de fleurs.
Au XIXe Siècle les paysans
d’Hagenau se mariaient en noir, jusqu’à la cheville pour la robe
catholique et mi-mollet pour la protestante. Les robes et casaquins,
tabliers et châles brodés étaient entièrement de soie.
Il semblerait qu’à part
quelques variantes, ces coutumes se soient maintenus jusqu’à la
fin du XIXe Siècle. Contrairement à Strasbourg où la révolution
avait aboli cette tradition, les villages protestants d’alsaces
continuèrent à porter les couronnes nuptiales jusqu’à la
première moitié du XIXe Siècle.
Les coiffes de mariées se
présentaient sous différentes formes. Les plus anciennes ont la
silhouette d’une ample coiffe ronde, parfois d’un cylindre assez
haut posé droit sur la tête. Des clinquants dressés sur des fils
de laiton, des fleurs artificielles, des paillettes et des rubans
entrelacés hérissent une sorte de calotte métallique ou de
brocart, doré ou argenté. Les mariées d’Uhrwiller par exemple,
portaient une calotte ornée de paillettes et de piécettes
comme symboles de prospérité. Le tout était entouré d’un ruban
de soie rouge noué dans la nuque.
La mariée protestante en
munster s’habillait vers 1870 de soie noire offerte par le fiancé,
des bas blancs tricotés d’un casaquin (hornertschobe ),
d’un tablier, d’un chape noir (halslub ), sur sa
tête se dressait une couronne de mariée (uffsatzla). Au
casaquin se fixait un petit bouquet de romarin (hochzitsmaie).
Elle revêtait le lendemain la robe robe du mardi en drap ou en soie
fleurie (zichtigrock) et ornait son ciselet de touffes
de romarin.
Le marié était coiffé
d’un tricorne et vêtu d’une longue redingote à col montant,
d’un gilet de velour fleuri à deux rangées de boutons ainsi que
d’une chemise de lin a col empesé et portait des souliers à
boucle. La redingote s’ornait d’un hochzitszitterla de
filigrane et de paillettes.
Jusqu’au XXe Siècle les
mariés juifs s’échangeaient en cadeau une ceinture pour le
Sajerness, un vêtement mortuaire, une tunique en toile de lin
blanche descendant jusqu'au sol, pourvue de manches assez amples et
d'une cape. Une cordelette permet de resserrer le col, et une
ceinture marque la taille. La tunique est sans coutures et sans nœuds
et ne possède pas de poches. Un talith (châle de prière) était
également offert.
L'enterrement
L’inhumation habillée
est la règle durant toute la période mérovingienne, quelle que
soit la situation sociale du défunt.
Jusqu’à aujourd’hui
encore, la couleur de la tenue semble être restée le noir, chez les
chrétiens comme chez les juifs.
La tenue mortuaire chez les
Juifs d’Alsace : Les vêtements du mort n’étaient pas les mêmes
partout, ils différaient selon les coutumes et les communautés. Les
ficelles et cordelières des vêtements n’étaient pas nouées,
mais roulées ou entrelacées. Les vêtements étaient fait en lin et
n’étaient garnis d'aucune parure et ne devaient pas être achetés
trop cher.
Les vêtements mortuaires
étaient enfilés dans un ordre précis : Le Mitznefes
était un large bonnet, Mikhnesaïm un
caleçon, Koutoneth une chemise, Sarkinoss
une longue robe à manches, Elizor une cordelière
(ou ceinture), un col, Falter, un grand drap qui tel un
manteau enroulait les épaules du mort, puis enfin des chaussons. Il
arrivait de laisser les souliers des femmes mortes en couche pour que
celles-çi puissent symboliquement revenir nourrir leur enfant.
Les endeuillés portaient
des vêtements noirs, premièrement pour montrer à l’entourage
combien on aimait le disparu et combien on souffrait de son départ.
On montrait également au mort que celui-çi n’est pas oublié
après son décès.
Les jeunes filles, pendant
la durée de leur deuil, devaient troquer leurs foulards rouges pour
des foulards noirs et se priver de sorties comme aller au restaurant
ou se rendre ou bal pour y aller danser. Après la mort d'un père ou
d'une mère, elles ne devaient porter aucune fleur à leur costume.
Après une année, elles avaient uniquement le droit d'avoir des
fleurs noires.
Les conscrits
Le conscrit était un jeune
homme inscrit sur une liste de recensement militaire, il
partait avec tous les autres inscrits sur cette liste.
Pour célébrer ce passage du statut de personne normale à celui d «
Apte à aller au service militaire » on organisait une fête et les
conscrits s’y déguisaient.4
Leur costume était
entièrement blanc avec un tablier brodé soit par la sœur soit par
la fiancée du garçon. Les broderies représentaient l’année de
naissance et de conscription ansi que les initiales du conscrit,
semblable à une fiche d’identité. Il posait sur sa tête un
chapeau blanc orné de fruits, de rubans et de fleurs multicolores.
Les femmes qui
participaient à la fête portaient une jupe rouge et un tablier
blanc des jours de fêtes (Blanc des jours de fêtes car il était
immaculé, donc non utilisé peut-être ?) et elles étaient coiffées
d’une couronne de fleurs.
Mila
La Mila est le moment de la
circoncision dans la religion juive. On enroule l’enfant dans un
lange appelé Mappa qui prend une importance toute
particulière due à son utilisation rituelle. Le Mappa est ensuite
découpé et cousu en larges bandes portant le nom du garçon, sa
date de naissance et ses vœux pour l’avenir.
Le costume
en tant que déguisement
Se déguiser signifie se
travestir, s‘habiller de façon à ne pas être reconnu.
Les gens qui célèbrent
les fêtes dans les différentes villes et villages endossent des
rôles communs. Chaque année, des personnages célèbres
représentatifs de la fête et le passage d’un état à un autre.
De même, chaque personnage possède ses objets, couleurs et habits
qui le symbolisent et qui font que l’on peut se transformer en tel
ou tel personnage le temps de la fête. En endossant le rôle ils
reproduisent les actions de ces personnages en utilisant leurs
objets.
Le rythme des déguisements
se calque principalement sur le rythme des fêtes chrétiennes. Les
acteurs endossent le rôle de ces personnages qui permettent de créer
une narration et une fantaisie dans l’histoire que vivent les
spectateurs. Ces personnages bien réels qui viennent pourtant de
livres de contes mélangent l’histoire, l’imagination et le
présent de ceux qui les écoutent et les voient défiler ou faire
des farces.
On peut ainsi compter dans
les costumes les plus importants ceux du cycle de Noël, où le Saint
Nicolas est célébré depuis le Xe siècle.
Saint Nicolas:
Il porte une crosse, une mitre, et un habit d’évêque. Ses
couleurs sont le blanc, le rouge ou le violet. Il est censé être
célébré le 6 décembre ou le 19 décembre mais sa présence reste
pendant tout le cycle de Noël.
Hans Trapp
(Rüpelsz) Fourrure animale, marqué, chaines, verge ou bâton,
sac, hotte. Il accompagne parfois le Saint Nicolas. De même que
Saint Nicolas est l’équivalent du père Noël, Hans Trapp est
celui du Père Fouettard.
A l’arrivée de saint
Nicolas: Les enfants viennent parfois le voir déguisés en
angelots.
Frau Holle
(Perchta liechterfee, christkindla, christkindel) est une jeune
fille habillée de blanc, couronnée de branches de sapin et de
cierges dorés (De sainte lucie) Elle apparaît à la nuit sainte
avec, parfois, une baguette à la main.
Le 6 janvier se déroule
Dreikönigspiel (Autrement dit, le jeu des trois rois) : 3 jeunes
garçons sont déguisés en rois mages chantant de façon spécifique
(Spécifique ? Je n’ai pas réussis à trouver plus d’informations
sur le sujet.) Chacun d’eux porte un accessoire qui le défini,
l’encensoir, le coffret ainsi que le bâton en étoile. Ils passent
de maison en maison.
A la mi carême se passe la
Mittelfaschtat la Hirzgîger ou
hirlegiger où un garçon déguisé en mannequin de
paille est promené à travers le village et surveillé par ses
camarades. Ceux ci restaient tels qu’ils étaient mais entouraient
le personnage et le tançaient.
- DOERFLINGER, Margueurite, Découvert des
costumes traditionnels en
Alsace, 1979.
- http://judaisme.sdv.fr/traditio/deuil/eweill/wdeuil2.htm
A.S.I.J.A “La toilette mortuaire"
- http://www.groupe-folklorique-alsacien-sandhase.com/histoires-contes-et-legendes-en-alsace/les-conscrits/
Groupe Folklorique de Lingolsheim, 2015.
- http://www.ville-oberhoffen.fr/les-conscrits
Ville d'Oberhoffen-sur-Moder, 2015
- SARG
freddy Fêtes,
coutumes et traditions : en Alsace, du berceau à la tombe, 1993.
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