vendredi 15 mai 2015

Costumes de fête et déguisements d'Alsace


COSTUMES D'ALSACE 
Par Célia Housset

Depuis l'année 2014/2015 j'ai eu la chance d'entreprendre une troisième année de licence d'ethnologie.  N'étant pas satisfaite par seulement ce que m'a apporté les beaux arts je souhaitais acquérir un certain recul lors de mes observation et une capacité un peu plus aigüe d'analyse quand je parle d'un sujet. (Bon, clairement ma capacité d'écriture et d'analyse sont très basses, mais c'est vraiment pour l'améliorer que j'ai fait cette année...)
En ethnologie mes camarades travaillent beaucoup pour l'université (les contrôles, les rendus, les exposés...), mais il est difficile au final d'apercevoir le gros de ce que chacun fait, mis à part lors des exposés oraux. 
C'est quelque chose qui m'a marqué car en arts, le moindre croquis est publié, montré car il fait partie d'un processus de création, c'est une façon pour les étudiants de montrer où ils se situent, ce qu'ils recherchent et ce qui a formé leur oeil et leur patte. En école d'art, lorsque tu aime le travail de quelqu'un, tu le lui montre en achetant son livre, sa gravure ou sa sérigraphie alors qu'en université ce geste là n'existe pas (Pourtant j'ai tenté de leur acheter leur mémoire à mes potes, mais chez eux, son travail on le donne!) 
Me situant un peu entre les deux, j'ai trouvé qu'il serait intéressant de publier mes travaux de recherches universitaires d'ethnologie, comme s'ils étaient un carnet de croquis qui constituent mon parcours, mes intérêts et peut être permettre à certains d'en apprendre plus sur des thèmes qui les intéressent!


Ce dossier fait partie d'une recherche faite avec le Musée Alsacien de Strasbourg (que je vous conseille d'aller visiter un jour, il y a de belles choses!)


Dans cet exposé les costumes de fête alsaciens seront divisés en deux parties : Premièrement le costume alsacien « habillé » lors des célébrations telles que les mariages ou la communion d’un enfant, tandis que la seconde portera sur le costume en tant que déguisement.
Deux façons d’aborder le vêtement, le costume, pour arriver à la célébration du passage d’un état à un autre (vie et mort, changement de statut, changement de saison, etc…)

Costumes de fêtes alsaciens
Les costumes de fêtes se différentiaient principalement des vêtements de tous les jours par la qualité des étoffes et des broderies, ainsi que la quantité de détails que l’on pouvait trouver sur les pièces. Ces qualités variaient non seulement par rapport aux occasions où on les portait (ex: enterrements, baptême) mais également par les richesses et les origines sociales de leur porteur.
Le costume le plus important, celui qu’ils emmenaient dans leur tombe était leur costume de mariage. Celui ci se distinguait des autres costumes par des pièces ornant la tête de la mariée, des demoiselles ainsi que des garçons d’honneur.


Le mariage

Au XVIe siècle la mariée de village chrétien était très parée et une large couronne pleine de clinquants était posée sur sa tête (Ces couronnes étaient particulièrement grandes à Strasbourg et dans le Kochersber). Des rubans étaient offerts par les demoiselles d’honneur à la mariée, et ceux-çi étaient maintenus aux épaules. Le marié, lui, fleurissait son chapeau d’un bouquet de fleurs.
Au XIXe Siècle les paysans d’Hagenau se mariaient en noir, jusqu’à la cheville pour la robe catholique et mi-mollet pour la protestante. Les robes et casaquins, tabliers et châles brodés étaient entièrement de soie.
Il semblerait qu’à part quelques variantes, ces coutumes se soient maintenus jusqu’à la fin du XIXe Siècle. Contrairement à Strasbourg où la révolution avait aboli cette tradition, les villages protestants d’alsaces continuèrent à porter les couronnes nuptiales jusqu’à la première moitié du XIXe Siècle.
Les coiffes de mariées se présentaient sous différentes formes. Les plus anciennes ont la silhouette d’une ample coiffe ronde, parfois d’un cylindre assez haut posé droit sur la tête. Des clinquants dressés sur des fils de laiton, des fleurs artificielles, des paillettes et des rubans entrelacés hérissent une sorte de calotte métallique ou de brocart, doré ou argenté. Les mariées d’Uhrwiller par exemple, portaient une calotte ornée de­ paillettes et de piécettes comme symboles de prospérité. Le tout était entouré d’un ruban de soie rouge noué dans la nuque.
La mariée protestante en munster s’habillait vers 1870 de soie noire offerte par le fiancé, des bas blancs tricotés d’un casaquin (hornertschobe ), d’un tablier, d’un chape noir (halslub ), sur sa tête se dressait une couronne de mariée (uffsatzla). Au casaquin se fixait un petit bouquet de romarin (hochzitsmaie). Elle revêtait le lendemain la robe robe du mardi en drap ou en soie fleurie (zichtigrock) et ornait son ciselet de touffes de romarin.
Le marié était coiffé d’un tricorne et vêtu d’une longue redingote à col montant, d’un gilet de velour fleuri à deux rangées de boutons ainsi que d’une chemise de lin a col empesé et portait des souliers à boucle. La redingote s’ornait d’un hochzitszitterla de filigrane et de paillettes. 

Jusqu’au XXe Siècle les mariés juifs s’échangeaient en cadeau une ceinture pour le Sajerness, un vêtement mortuaire, une tunique en toile de lin blanche descendant jusqu'au sol, pourvue de manches assez amples et d'une cape. Une cordelette permet de resserrer le col, et une ceinture marque la taille. La tunique est sans coutures et sans nœuds et ne possède pas de poches. Un talith (châle de prière) était également offert.

L'enterrement
L’inhumation habillée est la règle durant toute la période mérovingienne, quelle que soit la situation sociale du défunt.
Jusqu’à aujourd’hui encore, la couleur de la tenue semble être restée le noir, chez les chrétiens comme chez les juifs.

La tenue mortuaire chez les Juifs d’Alsace : Les vêtements du mort n’étaient pas les mêmes partout, ils différaient selon les coutumes et les communautés. Les ficelles et cordelières des vêtements n’étaient pas nouées, mais roulées ou entrelacées. Les vêtements étaient fait en lin et n’étaient garnis d'aucune parure et ne devaient pas être achetés trop cher.

Les vêtements mortuaires étaient enfilés dans un ordre précis : Le Mitznefes était un large bonnet, Mikhnesaïm un caleçon, Koutoneth une chemise, Sarkinoss une longue robe à manches, Elizor une cordelière (ou ceinture), un col, Falter, un grand drap qui tel un manteau enroulait les épaules du mort, puis enfin des chaussons. Il arrivait de laisser les souliers des femmes mortes en couche pour que celles-çi puissent symboliquement revenir nourrir leur enfant.

Les endeuillés portaient des vêtements noirs, premièrement pour montrer à l’entourage combien on aimait le disparu et combien on souffrait de son départ. On montrait également au mort que celui-çi n’est pas oublié après son décès.

Les jeunes filles, pendant la durée de leur deuil, devaient troquer leurs foulards rouges pour des foulards noirs et se priver de sorties comme aller au restaurant ou se rendre ou bal pour y aller danser. Après la mort d'un père ou d'une mère, elles ne devaient porter aucune fleur à leur costume. Après une année, elles avaient uniquement le droit d'avoir des fleurs noires.

Les conscrits

Le conscrit était un jeune homme inscrit sur une liste de recensement militaire, il partait avec tous les autres inscrits sur cette liste. Pour célébrer ce passage du statut de personne normale à celui d « Apte à aller au service militaire » on organisait une fête et les conscrits s’y déguisaient.4
Leur costume était entièrement blanc avec un tablier brodé soit par la sœur soit par la fiancée du garçon. Les broderies représentaient l’année de naissance et de conscription ansi que les initiales du conscrit, semblable à une fiche d’identité. Il posait sur sa tête un chapeau blanc orné de fruits, de rubans et de fleurs multicolores. 
Les femmes qui participaient à la fête portaient une jupe rouge et un tablier blanc des jours de fêtes (Blanc des jours de fêtes car il était immaculé, donc non utilisé peut-être ?) et elles étaient coiffées d’une couronne de fleurs.

Mila
La Mila est le moment de la circoncision dans la religion juive. On enroule l’enfant dans un lange appelé Mappa qui prend une importance toute particulière due à son utilisation rituelle. Le Mappa est ensuite découpé et cousu en larges bandes portant le nom du garçon, sa date de naissance et ses vœux pour l’avenir.

Le costume en tant que déguisement
Se déguiser signifie se travestir, s‘habiller de façon à ne pas être reconnu.
Les gens qui célèbrent les fêtes dans les différentes villes et villages endossent des rôles communs. Chaque année, des personnages célèbres représentatifs de la fête et le passage d’un état à un autre. De même, chaque personnage possède ses objets, couleurs et habits qui le symbolisent et qui font que l’on peut se transformer en tel ou tel personnage le temps de la fête. En endossant le rôle ils reproduisent les actions de ces personnages en utilisant leurs objets.
Le rythme des déguisements se calque principalement sur le rythme des fêtes chrétiennes. Les acteurs endossent le rôle de ces personnages qui permettent de créer une narration et une fantaisie dans l’histoire que vivent les spectateurs. Ces personnages bien réels qui viennent pourtant de livres de contes mélangent l’histoire, l’imagination et le présent de ceux qui les écoutent et les voient défiler ou faire des farces.
On peut ainsi compter dans les costumes les plus importants ceux du cycle de Noël, où le Saint Nicolas est célébré depuis le Xe siècle.


Saint Nicolas: Il porte une crosse, une mitre, et un habit d’évêque. Ses couleurs sont le blanc, le rouge ou le violet. Il est censé être célébré le 6 décembre ou le 19 décembre mais sa présence reste pendant tout le cycle de Noël.

Hans Trapp (Rüpelsz) Fourrure animale, marqué, chaines, verge ou bâton, sac, hotte. Il accompagne parfois le Saint Nicolas. De même que Saint Nicolas est l’équivalent du père Noël, Hans Trapp est celui du Père Fouettard.
A l’arrivée de saint Nicolas: Les enfants viennent parfois le voir déguisés en angelots.

Frau Holle (Perchta liechterfee, christkindla, christkindel) est une jeune fille habillée de blanc, couronnée de branches de sapin et de cierges dorés (De sainte lucie) Elle apparaît à la nuit sainte avec, parfois, une baguette à la main.

Le 6 janvier se déroule Dreikönigspiel (Autrement dit, le jeu des trois rois) : 3 jeunes garçons sont déguisés en rois mages chantant de façon spécifique (Spécifique ? Je n’ai pas réussis à trouver plus d’informations sur le sujet.) Chacun d’eux porte un accessoire qui le défini, l’encensoir, le coffret ainsi que le bâton en étoile. Ils passent de maison en maison.

A la mi carême se passe la Mittelfaschtat la Hirzgîger ou hirlegiger où un garçon déguisé en mannequin de paille est promené à travers le village et surveillé par ses camarades. Ceux ci restaient tels qu’ils étaient mais entouraient le personnage et le tançaient.


- DOERFLINGER, Margueurite, Découvert des costumes traditionnels en Alsace, 1979.

http://www.ville-oberhoffen.fr/les-conscrits Ville d'Oberhoffen-sur-Moder, 2015

SARG freddy Fêtes, coutumes et traditions : en Alsace, du berceau à la tombe, 1993.

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